N°2
20 février 2019

 


Bonjour,

Comment trouver le bon équilibre entre pertinence des sujets et impertinence du ton? Ce mois-ci, la Chronique des médias scolaires se penche sur Hersalc Dinero, journal au ton libre et sans tabou du lycée Charles Nodier de Dole (Académie de Besançon). Plus globalement, on constate que les écoliers prennent la plume pour témoigner de leurs expériences et partager leur regard sur leur quotidien. D’ailleurs, les sujets qui agitent actuellement les grands médias ne manquent pas de faire les gros titres de la presse scolaire, qui se penche récemment sur les questions de harcèlement, de sexisme, sans oublier le féminisme.


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LE SUJET COUP DE CŒUR

Lycéen et livreur pour Uber Eats 
 


La journée, il est lycéen. Le soir, il pédale entre le McDo de la gare d’Asnières et le Big Fernand de Levallois… C’est un témoignage très complet que donne dans son dernier numéro PPL Actus, le journal
du lycée Paul Painlevé à Courbevoie (Académie de Versailles), un lycéen qui travaille pour Uber Eats depuis mai 2017. Quinze courses par jour après l’école, jusqu’à 14 heures sur la selle le week-end, 510 euros gagnés en une semaine. «Je prends des risques sur la route en grillant les feux et en zigzaguant entre les govas (voiture)», avoue le livreur anonyme, qui ne cache rien des petites combines que se partagent les livreurs pour maximiser leurs revenus, y compris en travaillant sur le compte de quelqu’un d’autre, moyennant commission. 
A lire page 9. 

 


ZOOM SUR UN MÉDIA SCOLAIRE

Liberté de ton et impertinence, une formule qui réussit au lycée Charles Nodier
 


Hersalc Dinero, c’est le journal du lycée Charles Nodier de Dole (Académie de Besançon), dont la création remonte à 2012. Dans son dernier numéro publié en décembre, il aborde plusieurs polémiques qui ont animé la vie du lycée depuis la rentrée: la mobilisation des élèves après que l’une d’entre eux a dû changer un t-shirt considéré comme provoquant par la Conseillère principale d’éducation, ou la dénonciation des élections des élèves représentants au Conseil d’administration de l’établissement, jugées non conformes à la procédure. Mais la liberté de ton s'immisce dans tous les articles, qui abordent aussi bien la sexualité des personnes âgées, la problématique de la grosse commission au lycée, le clitoris, les règles ou les poils. Comment cette liberté est-elle vécue au sein du lycée? Comment est-elle encouragée, conservée?

Charlotte Audibert, 17 ans, élève de terminale ES au lycée Charles Nodier de Dole et responsable de publication d’Hersalc Dinero, a répondu aux questions du CLEMI, ainsi que le proviseur du lycée, Jean-Pierre Pinto.

 
Charlotte, qu’est-ce qui vous a fait devenir responsable de publication de Hersalc Dinero?
 
Je suis dans l’équipe du journal depuis l’an dernier. Quand j’étais en seconde, j’adorais le lire. Je suis partie un an avant la première, et en revenant je suis entrée dans l’équipe avec des amis. Quand il a fallu choisir un responsable de publication, on était deux à se dire qu’on prendrait bien cette responsabilité, alors on a organisé un petit vote. Mais dans l’équipe, on forme un noyau dur qui essaie d’entraîner les autres, et au sein de ce noyau le rôle de responsable de la publication ne change rien par rapport aux autres. Quant à la responsabilité, je ne suis pas du tout frileuse, j’encourage au contraire toujours à publier. Je sais que je n’aurai jamais de problèmes, car je fais confiance à mes camarades pour être respectueux. Tant qu’on reste dans le respect, on doit s’en sortir.

 
Comment s’organise le travail de rédaction et de publication des articles? 
 
Pendant les deux premières réunions, on balance toutes les idées, et ensuite on essaie de trouver un fil rouge. C’est comme ça qu’on est arrivés sur le thème des tabous pour le dernier numéro. Il n’y a pas d’attribution de sujet. Chacun peut écrire son nom à côté d’un sujet, si personne ne le prend on ne le fait pas. On essaie de publier au minimum trois numéros par an, mais on a du mal à se fixer des dates et c’est dur de s’y tenir, surtout quand le rendu tombe au moment du bac blanc. Ça fait deux ans qu’on a une plus grande équipe, on approche des 20 personnes. Les premières rendent en général les articles à l’heure. Mais pour les grosses actualités, en général  traitées par les plus grands, c’est plus compliqué. La professeure documentaliste Valérie Hilaire essaie de nous encadrer mais ça ne suffit pas. On fait passer l’école d’abord, les notes comptent pour notre orientation.  

 
Comment procédez-vous techniquement pour la mise en page?
 
On travaille sur InDesign, le logiciel de la suite Adobe. Jusqu’à l’an dernier, il y avait un élève très à l’aise sur le logiciel qui avait une licence, c’était pratique. Maintenant qu’il est parti, on a pris une licence et on est deux à s’être formées sur le logiciel, un peu avec lui mais surtout avec des tutoriels en ligne. D’autres élèves commencent à se former pour pouvoir participer. 

 
Le ton du journal est très libre, il n’hésite pas à critiquer les institutions au sein même du lycée. Comment est-ce vécu? 
 
Ça fait longtemps que le journal existe. Il y a deux ans, le journal a eu le prix de l’impertinence lors du festival Expresso, le festival national de la presse jeune, organisé par l’association Jets d’encre. Cela résume bien l’esprit du journal: casser les codes, être sarcastique. Au quotidien, quand on choisit les sujets, on ne veut pas que ce soit bateau, il faut que ça nous tienne à cœur, on cherche toujours à prendre le sujet autrement. Le proviseur essaie de rester discret sur son opinion, même quand un article le concerne directement. Globalement, je pense que les profs de Nodier essaient d’organiser les choses pour que les élèves aient un esprit critique. S’il se passe quelque chose qui pose problème au sein de l’établissement, c’est dans notre journal que l’on trouvera notre espace de liberté. 

 
Témoignage de M. Pinto, proviseur du lycée:
 
«J’ai pris mes fonctions dans l’établissement en septembre 2017, le journal existait déjà. J'y avais jeté un œil avant d’arriver, et j’avais vu qu’il y avait un ton et une liberté intéressants. En tant que prof de sciences économiques et sociales, j’avais moi aussi créé un journal au sein d’un établissement, et ce n’était pas de ce niveau-là! Là, le journal est totalement indépendant de moi, je ne mets pas mon nez dedans. J’ai simplement essayé de faciliter les choses en leur mettant une salle à disposition. Je ne le lis que cinq minutes avant publication, car l’impression se fait juste à côté de mon bureau, mais ce n’est pas de ma responsabilité. Sur le ton, ils sont sur la ligne de crête, à mon avis sans la dépasser. Ça fait partie de la culture du lycée, de nos valeurs et de nos normes. Il y a la même énergie au Conseil de la vie scolaire, les élèves sont très engagés dans la vie de l’établissement et le journal est un moyen parmi d’autres.» 
 

 

 


LA SÉLECTION DU CLEMI

Classe passerelle

Dans Le 144, journal des élèves du lycée Jean-Pierre Vernant à Sèvres (Académie de Versailles), les élèves de la classe passerelle racontent leur vécu, sans enjoliver leurs débuts peu encourageants, mais en reconnaissant les améliorations vécues tout au long de l’année. Un article sincère et complet. À suivre car ils promettent un blog pour bientôt.  

 
 
Féminisme et lycéens
 
Féminisme, harcèlement de rue, écriture inclusive… Qu’en pensent les lycéens? Et surtout, en quoi les opinions des filles et des garçons diffèrent-elles? C’est la question que se sont posé les jeunes journalistes du numéro 13 du Capharnaüm, le journal du lycée Louis-le-Grand (Académie de Paris), avec un sondage mené auprès de 125 de leurs camarades. 
 
 
«Chef de famille», vraiment ?
 
Les élèves du lycée Albert Camus de Bois-Colombes (Académie de Versailles) ont été un peu choqués de voir apparaître dans le formulaire d’inscription au bac la mention “chef de famille”, eux préférant celle de “responsables légaux”... Ils s’en émeuvent à la page 42 de l’Echo du L.A.C., qui remplace désormais les Chroniques camusiennes. 
 
 
Les bonnes et les mauvaises nouvelles
 
«Beau, gentil, sans tabac, bonjour»: autant de mots qui ont paru très positifs aux élèves de CE2 de l'école élémentaire La Beaucaire à Toulon (Académie de Nice). Dans Le Journal en or numéro 15 (page 10), ils racontent comment  ils ont travaillé sur la presse en classant les bonnes et les mauvaises nouvelles. 
 
 
Qu’est-ce qu’il y a dans les bonbons?
 
En voilà une bonne question… Et ce n’est pas forcément ragoûtant. La chronique acidulée de la Web TV du Collège Jean de La Fontaine du Mée-sur-Seine (Académie de Créteil) est à voir ici. 

Tik Tok Quésaco 
 
Dans leur chronique radio Kiditou, les élèves du collège Audembron de Thiers (Académie de Clermont-Ferrand) vous expliquent comment fonctionne l’une de leurs applications préférées, Tik Tok. Mais ils vous alertent aussi sur ses dangers, comme le harcèlement. 
 
 
Le dessin du mois
 
Le mur auquel s’accroche Donald Trump depuis des mois envers et contre tout a inspiré l'élève Marie Bernard dans Le P'tit Monde de Blaise Pascal (numéro 2) du lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.

 


Chronique rédigée par Sophie Gindensperger


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